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Nadal, terre !

dimanche 10 juin 2007
Par Guillaume Baraise

En ce dimanche 10 juin 2007, deux hommes ont rendez-vous à 15 heures sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros. Ils ont aussi rendez-vous avec l'Histoire. Quel que soit le vainqueur, il marquera à jamais les annales de son sport. Triplé de Rafael Nadal, le premier depuis Björn Borg ? Grand Chelem sur deux ans pour Roger Federer ? La réponse passionne tous les amoureux du sport. Réponse dans quelques heures....

On a déjà presque tout dit sur les duels entre le n°1 mondial, maître incontesté du jeu, et le roi de la terre battue. Alors place au spectacle. On s'en doute, le "central" est plein à craquer. Un peu plus de 15 000 privilégiés vont suivre en "direct live" ce "remake" de la finale de l'année précédente. Cela n'était plus arrivé à Roland-Garros depuis 1968 et 1969 (Rosewall et Laver).

Un dernier élément avant de se lancer dans le récit de ce match des matches : il fait beau et chaud au-dessus de Roland-Garros. Ce n'est pas une très bonne nouvelle pour "Rodgeur". Le lift de "Rafa" va faire mal, très mal...

Rugby, foot et tennis réunis

A 15h10, Federer lance cette finale qui débute... par un retour de revers gagnant de Nadal. Mais "Rodgeur", malgré une première balle absente, gagne son service (1-0). Sous l'oeil de nombreux sportifs avisés (Thierry Henry et Gustavo Kuerten sont en présidentielle, l'équipe de rugby du Stade Français, championne de France depuis la veille, est au complet dans une loge), les deux gladiateurs se rendent coup pour coup. Le niveau de jeu est tout de suite très élevé.

A 2-1 en sa faveur, le n°1 mondial, très saignant en revers, obtient les deux premières balles de break de la partie. Manquées. On ne le sait pas encore, mais ces "occases" non transformées sur le service de l'Espagnol, ce sera l'histoire du match...

Henry apprécie...

A 3-2, le Suisse va rater cette fois cinq balles de break. Il joue très bien, "Rodgeur", il tient le choc en revers et son coup droit fait des ravages. Mais à chaque fois qu'il est danger, "Rafa" trouve les ressources pour jouer le point parfait ou pour obliger son rival à trop forcer. 3-3. Déjà sept balles de break manquées par le patron du circuit. C'est beaucoup...

Et comme on pouvait s'y attendre, le roi de la terre battue va saisir sa première opportunité, dans le jeu suivant, le "fameux" septième jeu. En fait, c'est un break blanc presque offert par Federer, auteur de quatre fautes plus ou moins provoquées. 4-3 Nadal.

Et qu'on le croit ou non, l'homme aux dix titres du Grand Chelem se détache encore 0-40 dans le huitième jeu, en vain. Cette fois, on a franchement senti de la crispation chez le Suisse sur ces 8e, 9e et 10e balles de break, toutes ratées...

La 12e, enfin...

Finalement, Nadal, dont le lift rebondit de plus en plus haut alors que la chaleur monte sur le "central", empoche le premier set 6/3 en 51 minutes. Trahi par son service (38% de "premières"), Federer a surtout manqué de réalisme. Dix balles de break, aucune convertie. En face, c'est du 100% : deux balles de break, deux transformées. Voilà une efficacité que le "Gunner" Thierry Henry doit apprécier...

Comment "Rodgeur" va-t-il digérer cette incroyable scénario ? Plutôt bien en fait. Car le spectacle offert par les deux hommes est toujours splendide. L'intensité est énorme. Dans le quatrième jeu de la deuxième manche, c'est au tour de Roger d'écarte deux balles de break contre lui. Enfin, pourrait-on dire...

Et à 3-3, il trouve les ressources pour bousculer le mur Nadal. Une volée de revers magistrale lui donne trois nouvelles chances. 0-40. La 11e balle de break est sauvée d'un coup droit "lasso" de Rafael. La 12e, événement, est transformée. Coup droit décroisé gagnant du Suisse. 4-3. Enfin...

1h46 de tennis total

Mais Nadal n'a toujours pas perdu un set depuis le début du tournoi. Ce n'est pas un hasard. Il y a encore du boulot pour Federer, qui touche parfois au génie. Mais c'est sur un fil tant il doit réussir des prouesses en attaque... Dans ce huitième jeu, "Rodgeur" doit faire face successivement à trois balles de débreak, trois balles de 4-4 qui, si Nadal venait à en transformer une, serait moralement très dur à encaisser pour son adversaire...

Finalement, grâce à un service retrouvé mais aussi quelques revers glissés sublimes dont il a le secret (une arme qu'il n'utilisera pas beaucoup dans ce match), le n°1 mondial s'en sort. 5-3. Il manque trois balles de set dans le jeu suivant, mais ne tremble pas au moment de conclure sur son service. 6/4 Federer. Incroyable, Nadal a perdu un set dans ce tournoi. On joue depuis 1h46. Une manche partout. On a vu du tennis total. On attend la suite avec impatience. Quel régal !

Mais que la suite va être décevante. A l'attaque du troisième set, c'est la surprise. Mauvaise pour les très nombreux supporters de Roger Federer. Le Suisse a un coup de pompe. Il rate deux accélérations de coup droit et concède un break d'entrée. 2-0 Dès lors, le combat va perdre en intensité. Rafael Nadal va totalement prendre le contrôle des opérations.

Rendez-vous en 2008...

Dans ce troisième set, le quadruple tenant du titre à Wimbledon ne va pas réussir à se montrer dangereux sur le service adverse. Quelque chose semble s'être cassé chez lui... Nadal impose un tel combat physique. Les "vamos" de l'Espagnol se font de plus en plus nombreux. Le tigre tient sa proie. 6/3 pour "Rafa" et deux manches à une pour le double vainqueur après 2h26 de jeu.

La quatrième manche sera, à peu de chose près, la même. Ah si, "Rodgeur" va manquer sa 17e balle de break, une possibilité de se détacher 2-0. Mais l'Apache des courts décoche une flèche rectiligne en coup droit. Bientôt 1-1. Et dans la foulée, il fait le break, sur un coup droit dans le filet du Suisse. Non, Federer n'a plus les jambes pour lutter. Seul son bras exceptionnel lui permet de ne pas "exploser" au score. Mais le suspense est plié.

Nadal ne sera plus jamais en danger et c'est sur un jeu blanc et une ultime faute adverse en coup droit qu'il conquiert donc son troisième titre d'affilée. Personne depuis Borg n'avait réussi un tel exploit. Il a bien mérité de se rouler dans la terre battue dont il est le roi, que dis-je, l'empereur.

Bientôt, après avoir embrassé les siens, le Taurillon de Majorque recevra la Coupe des Mousquetaires des mains de Gustavo Kuerten, un autre triple lauréat. Qui donnera au public du "central" rendez-vous en 2008. Tout comme Rafael Nadal, bien sûr...





¿Sabía que...?

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